Appel de la Sorbonne du 26 mars

Publié le par Michel Bernard

Pourquoi nous ne céderons pas

Le 2 février a commencé une grève illimitée dans les universités françaises, faisant suite à un long mouvement de protestation contre les réformes du statut des enseignants-chercheurs, de la formation des maîtres et du contrat doctoral, contre les suppressions d'emploi dans l'enseignement supérieur et la recherche, la précarisation des personnels et le démantèlement des organismes de recherche.

Huit semaines de grève plus tard, notre détermination demeure intacte. Nos principales revendications n'ont pas été satisfaites. En refusant de prendre en compte les raisons du rejet massif de ces réformes, le gouvernement nourrit chaque jour un peu plus son discrédit et met en péril, par son obstination irraisonnée, la tenue du semestre. Seul le retrait des projets en cause, l'ouverture de négociations globales avec l'ensemble des acteurs sur les réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche, accompagnées d'un plan de relance massif, permettront de sortir de la crise ouverte depuis des mois. Ce faisant, nous ne demandons pas l'impossible, mais simplement l'établissement des conditions minimales d'un dialogue démocratique sur l'avenir des universités françaises, de leurs personnels enseignants et BIATOSS, et de leurs étudiants.

Nous ne céderons pas. Nous appelons l'ensemble des personnels de l'enseignement primaire et secondaire et l'ensemble des citoyens, à se mobiliser avec nous pour défendre l'enseignement public de la maternelle à l'université, face au projet global de régression de l'éducation et des savoirs promu par le gouvernement.



Communiqué des occupants de la Sorbonne


Ce soir, 26 mars 2009, la Sorbonne est libre. La Sorbonne, libérée par ceux à qui elle appartient depuis toujours, par ceux qui sont l'université, enseignants, chercheurs, BIATOSS, étudiants, affirme son indépendance à l'égard de toutes les pressions, du pouvoir politique, des forces de l'argent, de tous les contrôles, de toutes les répressions. Ici, depuis cette salle consacrée à la mémoire de l'historien Marc Bloch, nous lançons un appel à la résistance, contre tous ceux qui veulent enfermer l'enseignement supérieur et la recherche dans le carcan du profit à courte vue et de la logique marchande, contre des projets gouvernementaux qui dénaturent nos métiers, qui dévoient nos missions, qui compromettent l'avenir de toute une génération.

Solidaires avec nos collègues en désobéissance de l'enseignement primaire, avec les lycéens et professeurs qui refusent les suppressions de postes dans l'enseignement secondaire, avec les chercheurs qui occupent en ce moment la direction du CNRS, avec tous nos collègues en lutte dans les IUT, dans les IUFM, dans les universités de France et d'Europe, nous affirmons que, de la maternelle à l'université, la production et la transmission du savoir constituent le bien le plus précieux d'une société, parce qu'ils sont gages d'avenir.

La Sorbonne doit être ouverte à toute la communauté universitaire et le Rectorat, comme la police, qui menacent le libre accès au Savoir et les libertés fondamentales, doivent s'en aller. Nous sommes pacifiques, nous sommes déterminés, nous resterons dans ces bâtiments où nous sommes chez nous, nous invitons tous les universitaires à nous y rejoindre pour en faire ce que la Sorbonne doit être : un lieu de liberté et de dialogue.


Les Occupants de la Sorbonne

Paris, le 26 Mars 2009.

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