Déclaration de la présidente de Paris 3 le 22 octobre 2009
Déclaration du 22 octobre 2009
Merci d’être là aujourd’hui pour cette réunion consacrée au projet de réorganisation
administrative de notre Université.
Avant d’en venir au vif du sujet, je souhaiterais faire un point d’information sur deux
éléments d’actualité générale de notre université qui ne sont pas sans rapport avec l’objet de
cette réunion.
Premier point : le rapport Larrouturou, qui a été rendu public le 5 octobre dernier,
recommande notre intégration en tant que membre fondateur du PRES "Université Paris
Cité", en coopération avec les universités Paris Descartes – Paris 5, Paris Diderot – Paris 7,
l’Inalco, Sciences Po, l’École des Hautes Études de Santé Publique et l’Institut de Physique
du Globe, ainsi qu’avec Paris 13 en tant que membre associé.
Il y a là une garantie de notre inscription durable dans le paysage universitaire parisien. Notre
adhésion à ce PRES ouvre la voie à des collaborations pédagogiques et scientifiques
fructueuses au sein d’un ensemble qui sera probablement l’un des meilleurs en France et qui
bénéficiera d’une visibilité internationale forte. Ce projet, qui est à un stade de préfiguration,
va maintenant être examiné par les instances de notre université.
Second point : en ce qui concerne le dossier immobilier, deux scénarios sont envisagés par le
rapport.
Le premier est celui d’une implantation à Bastille, hypothèse sur laquelle nous travaillons
comme vous le savez depuis plusieurs mois. Le rapport souligne le coût financier élevé de
cette opération, mais nous poursuivons les discussions sur ce point.
Le scénario alternatif envisagé est celui d'une implantation au sein de l'îlot Poliveau, tout
proche de Censier. Cette hypothèse pourrait constituer une solution idéale. Je sais toutefois
que Poliveau rappelle l'échec passé d'un projet similaire, et que certains d'entre vous peuvent
donc rester sceptiques. Je soulignerai néanmoins que, par rapport à cette situation antérieure,
plusieurs éléments ont changé. En effet, ce nouveau projet Poliveau est inclus dans un schéma
global de restructuration des implantations universitaires parisiennes, au sein duquel l'avenir
immobilier de notre université est affirmé comme une priorité à plusieurs reprises dans le
rapport. En outre, cette implantation est perçue par le rapport comme un élément fondamental
dans la stratégie générale d'une université en pleine reconstruction, ce qui permet d'envisager
ce projet comme une option réaliste. J'attends au plus vite les résultats d'une étude sur cette
deuxième hypothèse précisant l'étendue, le coût et le calendrier de l'opération.
À la suite du rapport, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a adressé
une nouvelle lettre de mission à Bernard Larrouturou, lettre de mission qui fait de la situation
immobilière de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 une priorité absolue et qui fixe la fin
de l’année civile comme date-butoir pour une prise de décision.
Naturellement, nous vous tiendrons régulièrement informés de l’évolution de ces deux
dossiers à travers nos instances internes comme via l’ENT qui sera en fonction à partir du 7
décembre.
Venons-en maintenant à l’objet de cette réunion. J’ai souhaité l’organiser car nous sommes à
un moment important pour notre université : celui d’une réorganisation de nos structures
internes, qui doit nous permettre d’être plus forts à l’intérieur comme à l’extérieur.
Le projet de cette réorganisation a déjà été présenté et discuté au sein des Conseils de notre
université et du CTP ainsi qu’en réunion avec les directeurs de composante mais, comme cette
réorganisation nous concerne tous et sera l’oeuvre de tous, j’ai souhaité, à ce stade
préliminaire, que chacun d’entre vous puisse se saisir directement du projet. Par ailleurs, une
évolution de ce genre suscite des interrogations et des appréhensions. Je les entends et le but
de cette réunion, en exposant précisément le projet, est aussi d’y répondre.
Un mot tout d’abord sur le contexte. Cela fait déjà longtemps qu’un constat a été dressé au
sein de notre Université : nous pouvons et nous devons améliorer notre organisation interne et
nos conditions de travail. Chaque rentrée voit s’exprimer à ce sujet des insatisfactions, des
mécontentements, tant parmi les enseignants-chercheurs et les personnels BIATOSS que
parmi les étudiants. Ces difficultés récurrentes et qui ne se limitent pas à la période de la
rentrée résultent d’une répartition trop complexe du travail et des responsabilités.
Ce n’est pas une fatalité : la nouvelle équipe que j’ai l’honneur de diriger a fait de cette
amélioration de notre organisation interne sa priorité. Cette priorité s’est traduite par une
inscription dans le contrat quadriennal de notre université, sous la forme d’un engagement à
créer des UFR de taille plus importante rassemblant nos composantes pédagogiques. Cet
engagement, c’est nous qui l’avons voulu, il ne nous a pas été imposé. L’engagement est pris,
et cela a un avantage : celui de nous faire agir, au-delà des constats d’insatisfaction,
concrètement et dans des délais établis.
Je voudrais également souligner que cette réorganisation s’inscrit dans le contexte d’une
nouvelle dynamique pour notre université, et qu’elle est un point essentiel de la stratégie de
reconstruction que nous portons. Nous sortons d’une situation de fragilité extrême, où
l’existence même de notre université était menacée, il faut que vous le sachiez. Nous sommes
en train de redevenir un partenaire à part entière dans le paysage universitaire parisien. Ceci
se traduit notamment par les éléments d’information que je vous ai donnés sur le PRES et le
dossier immobilier, qui garantissent notre pérennité dans ce paysage.
Nous sommes donc plus forts à l’extérieur, il nous faut aussi l’être à l’intérieur pour garantir
l’avenir de notre université, et pour améliorer les conditions de travail de tous.
De quoi s’agit-il ? Non pas d’un bouleversement total de nos structures, mais simplement
d’une meilleure répartition des tâches et des responsabilités entre les différents niveaux de
notre université. Chacun doit pouvoir se recentrer sur les activités qui sont vraiment au coeur
de son métier, et doit pouvoir évoluer dans sa carrière s’il le souhaite.
C’est ici que je voudrais rappeler deux éléments simples concernant les inquiétudes que j’ai
entendu s’exprimer : il n’y aura aucune suppression de poste, et la mobilité se fera sur la base
du volontariat. Nous allons revenir par la suite sur les dispositifs concrets qui seront mis en
oeuvre. Mais je voudrais avant cela répondre également à une autre inquiétude que j’ai
beaucoup entendu s’exprimer : la création des nouvelles UFR ne portera en aucun cas atteinte
à l’autonomie de nos équipes pédagogiques et scientifiques.
Les nouvelles UFR assumeront des fonctions décisives en matière de gestion budgétaire et
administrative et constitueront un soutien plus puissant et mieux doté aux composantes
pédagogiques. Pour cela, il est nécessaire de leur transférer le statut juridique d’UFR afin
qu’elles puissent prendre les décisions nécessaires pour mener à bien ces tâches.
Mais la définition de la politique pédagogique, c’est-à-dire l’élaboration des maquettes, les
décisions d’admission des étudiants, le recrutement des chargés de cours, etc., ainsi que la
définition des besoins en matière de postes resteront bien sûr de la compétence des
départements. Ces départements garderont aussi, naturellement, une équipe administrative
spécifique et un budget de fonctionnement propre.
Plus généralement, chaque département participera de façon équitable à la prise de décision
au sein des nouvelles UFR. Cette représentation équitable sera garantie par les statuts que
nous allons élaborer.
Une fois rappelés ces principes fondamentaux, nous pouvons maintenant passer à une
présentation plus détaillée du projet et des hypothèses sur lesquelles nous travaillons. Je vais
pour cela laisser la parole au Vice-Président du Conseil d'Administration, Daniel Mouchard,
et à Vincent Gaillot, Secrétaire Général de l'Université.
Pour terminer, je dirai simplement qu’il est fondamental que chacun d’entre nous participe à
ce processus ; vous avez d’ailleurs reçu la semaine dernière une invitation à vous préinscrire
dans les groupes de travail. Nous avons d’ailleurs reçu un nombre d’inscriptions conséquent.
Le calendrier de ce travail commun, vous le savez, s’étale sur une année universitaire. Il inclut
un temps de définition précise du projet, de concertation autour de ce projet, puis de mise en
oeuvre de celui-ci. Ce rythme est soutenu, certes. Pour autant, à chaque étape du processus,
tout le monde sera en mesure de participer et le projet final intégrera au mieux l’ensemble des
contributions que vous allez pouvoir y apporter.
Enfin, je rappellerai que ce type de réorganisation a déjà été mis en oeuvre dans plusieurs
universités. Il répond en effet à une nécessité : notre université doit avoir des structures plus
fortes et plus solides et pouvoir mobiliser l’ensemble de notre communauté pour renforcer la
place qui est la nôtre dans le système d’enseignement supérieur.
Marie-Christine Lemardeley
Présidente de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3