Réparation des inversions de carrières : un succès de la mobilisation
La sortie du décret, le 23 avril 2009, sur le classement
des personnes recrutées comme enseignantschercheurs
avait corrigé des dispositions jusqu’ici
scandaleuses concernant la prise en compte des
activités antérieures. Or rien n’avait été prévu pour
éviter que les enseignants-chercheurs déjà nommés ne
soient victimes d’une inversion de carrière, c’est-à-dire
ne soient dépassés dans l’échelle indiciaire par les
collègues nouvellement recrutés à la suite d’un cursus
identique.
Le SNESUP a dès le printemps alerté les collègues sur
cette situation et effectué une enquête auprès de
l’ensemble des enseignants-chercheurs. Il a ainsi pu
apporter la preuve de l’existence de très nombreuses
situations injustes. Il a interpellé le ministère, rappelant
que la ministre s’était engagée à ce qu’aucune
inversion de carrière ne soit à déplorer.
Grâce à l’action résolue du SNESUP et la forte
mobilisation des collègues un amendement
gouvernemental a été adopté lors de l’examen du
projet de loi de finances 2010 par l’assemblée
nationale. Passé ce cap, il doit maintenant passer au
Sénat. Le SNESUP se réjouit de la mise en oeuvre
d’une solution propre à réduire les situations qu’il n’a
cessé de dénoncer.
Le texte prévoit que, dans un délai de 6 mois à compter
de la publication de la loi budgétaire, chaque collègue
titularisé avant le 1er septembre 2009 puisse déposer à
nouveau une demande de reclassement sur la base du
decret EC modifié. Le ministère leur fera alors une
proposition de classement prenant en compte, outre les
activités antérieures au recrutement, une ancienneté
d’un an compensant la réduction de la durée du
premier échelon. Chaque collègue aura alors deux
mois pour accepter ou refuser ce reclassement.
Dès maintenant, le SNESUP appelle tous les collègues
à constituer leur dossier, comprenant la liste des
activités et justificatifs (contrat, attestation d’activité…)
dont ils demandent la prise en compte ainsi qu’à se
rapprocher des sections locales du SNESUP.
Sans constituer une rétroactivité totale –seule mesure
susceptible de supprimer toute situation d’injustice- ce
résultat important apportera à de nombreux collègues
une amélioration notable et totalement justifiée de leur
situation. Le SNESUP voit dans ce bénéfice pour les
collègues un résultat à porter au crédit des
mobilisations de la communauté universitaire et à
l’action résolue de notre syndicat. Ces améliorations de
carrière sont la preuve que la lutte paye.